Programme détaillé de développement agricole en Afrique : Les progrès et les résultats de la recherche sur l’égalité des genres au centre de la conférence annuelle 2019 du ReSAKSS à Lomé

Programme détaillé de développement agricole en Afrique : Les progrès et les résultats de la recherche sur l’égalité des genres au centre de la conférence annuelle 2019 du ReSAKSS à Lomé
Publié le : 11/11/2019 commentaire(s) (0)

L’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI) en partenariat avec la Commission de l’Union Africaine, organise du 11 au 13 novembre 2019, à Lomé, la Conférence annuelle 2019  du rapport  sur les tendances et les perspectives de l’économie africaine (ATOR) publié par le Système régional d’analyse stratégique et de gestion des connaissances (ReSAKSS). Ce rapport intitulé « Egalité des genres en Afrique rurale : des engagements aux résultats » rassemble les différents résultats de la recherche nécessaires pour faire progresser l’égalité des genres sur le continent africain et pour réaliser les objectifs d’élimination de la faim et de renforcement de la résilience fixés dans la Déclaration de Malabo de 2014. La cérémonie d’ouverture de cette rencontre a été présidée par le ministre togolais de l’Agriculture, de la Production Animale et Halieutique, M. Noel Koutéra Bataka.

Chaque année, le système régional d’analyse stratégique et de gestion des connaissances (ReSAKSS) produit un rapport annuel sur les tendances et les perspectives de l’économie africaine (le rapport ATOR). Cette année, le rapport ATOR 2019, met en lumière les progrès et les résultats de la recherche sur l’égalité des genres, un thème transversal de la Déclaration de Malabo et un engagement majeur de la Déclaration solennelle de 2004 pour l’égalité des genres en Afrique.

Selon  Mme Agnes Quisumbing, charcheure senior à l’IFPRI et coéditrice du rapport, « l’élément nouveau avec le rapport ATOR de cette année, c’est qu’il souligne les nombreux couts de l’inégalité entre les genres à tous les  niveaux : de l’individu à la nation, en passant par le ménage et la communauté ».

 Ainsi, le rapport indique que les normes sexo-spécifiques et l’inégalité entre les genres sont à l’origine des disparités dans les revenus, les actifs, la capacité de production, le capital humain et le bien-etre général des hommes et des femmes. Par exemple, des femmes qui ne bénéficient toujours pas des mêmes droits fonciers que les hommes. Malgré les récentes réformes agraires favorables à l’égalité des genres dans plusieurs pays, l’accès des femmes à la terre diminue dans certaines localités.

 Aussi, note-t-on que les femmes ont également un accès restreint aux services et aux produits financiers. Les services tels que le crédit, l’épargne et l’assurance peuvent améliorer les perspectives économiques des femmes.
Cependant, en matière d’inclusion financière, l’écart existant entre les hommes et les femmes est souvent aggravé par le manque d’accès des femmes au téléphone mobile, leur faible niveau d’alphabétisation et les normes qui limitent leur mobilité et leurs droits de posséder des actifs.

A propos de l’inclusion financière, Jeiminah Njuki, Responsable de Programme senior au Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) a déclaré : « l’inclusion financière est un mécanisme qui permet aux femmes de faire prospérer leurs entreprises et leurs investissements : il est donc essentiel de combler l’écart de sorte que les femmes soient en mesure de réaliser les investissements dont elles ont besoin ».

 « Cela signifie qu’il faut s’assurer que les institutions financières répondent aux besoins des femmes, et non pas changer les femmes pour qu’elles s’y conforment », a-t-il  ajouté avant de poursuivre, « nous pensons trop souvent à rendre les femmes solvables, alors que ce que nous devrions faire, c’est adapter les institutions financières aux besoins des femmes ».

Le rapport renseigne aussi que « les données et les résultats de la recherche obtenus grâce à des outils comme l’indice IAFA et d’autres indicateurs peuvent aider les décideurs à aller au-delà de leurs engagements en intégrant l’égalité des genres dans les programmes et les politiques. La recherche montre que des politiques bien conçues peuvent améliorer simultanément l’égalité des genres et les résultats du développement grace à une mise en valeur du potentiel inexploité représenté par les femmes et les filles »

A l’ouverture des travaux, le ministre de l’Agriculture, de la Production Animale et Halieutique, M. Noel Koutéra Bataka, a souligné que le thème retenu pour la présente conférence à savoir : « Egalité des genres en Afrique rurale », répond aux réalités de prise en compte des exigences du genre pour le développement durable et équitable dans le monde rural africain.

 « Les femmes représentent plus de 70 % des actifs agricoles en Afrique, leur autonomisation est essentielle non seulement au bien-être des personnes, des familles et des communautés rurales, mais également à la productivité économique générale. Les femmes rurales sont indispensables à la réalisation des profonds changements économiques, environnementaux et sociaux nécessaires au développement durable. Cependant l’accès limité aux crédits, aux soins de santé et à l’éducation font partie des nombreux défis auxquels elles sont confrontées », a-t-il indiqué.

 Le ministre Bataka a aussi fait savoir qu’au Togo l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes sont prises en compte dans le Plan National de Développement (PND 2018-2022) « en effet, dans son axe 3 : « consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion », il met l’égalité de genre et l’inclusion au rang des principes directeurs devant conduire à l’atteinte des résultats. Tout en adoptant une approche transversale de l’intégration du genre dans ses axes d’intervention, le PND y a consacré un effet spécifique à savoir « l’équité et l’égalité de genre sont renforcées », a-t-il dit.


Par ailleurs, le ministre Bataka a signifié que la nouvelle politique agricole du Togo, à travers son plan national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNIASAN 2017-2026), accorde une importance capitale à la productivité des femmes en améliorant leurs conditions socioéconomiques, notamment à travers la prise en compte de leurs préoccupations au niveau de l’accès et de contrôle des ressources, de l’intégration à tous les niveaux des chaines de valeurs et de l’amélioration des critères de ciblage des bénéficiaires sensibles au genre.

Aimé

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